L'UX en confinement : comment s'adapter

Design Thinking
UI/UX Design

 Quand on est persuadé de tenir l’idée du siècle, il est parfois tentant de commencer directement par les wireframes du projet et d’entamer son prototypage. En effet, une fois réalisées les premières maquettes de son projet, on le voit  prendre vie, mais pour combien de temps ? Le business model du projet a beau être en béton, si la conception n’est pas pensée autour des utilisateurs finaux, l’idée a de fortes chances de ne pas séduire ou de ne pas voir le jour. Investir alors un petit peu plus de temps dans l’UX du projet, c’est renforcer sa cohérence et sa pérennité.  Mais comment faire de l’UX, aller  au contact  des utilisateurs quand on ne peut pas sortir de chez soi ?

         Le confinement a perturbé beaucoup de structures et de métiers mais les idées continuent d’arriver, alors comment monter un projet dans ces conditions particulières ? Est-ce une mauvaise idée ? Faut-il suivre le même processus que d’ordinaire ? 

Qu’est ce que l’ux ? Pourquoi passer par cette étape ? 

Il existe beaucoup de méthodes inspirées du Design Thinking mais celle qui a le plus fait ses preuves est le Design Sprint. 

Le Design Sprint est une pratique de création conçue pour les petites ou grosses entreprises ayant l’ambition d’innover dans leur secteur. Au cours d’un Design Sprint, les initiateurs du projet vont pouvoir, dans une limite de temps précise, tester et analyser leur idée sous différents prismes, que ce soit celui de la stratégie business, de l’idéation design ou de l’expérience utilisateur afin de terminer la course avec un prototype fiable. 

Le Design Sprint tel qu’il a initialement été pensé se découpe en 5 phases correspondant aux 5 jours d’une semaine. 

La première phase est celle de l’analyse: comprendre le problème à résoudre, ses utilisateurs, les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, les objectifs business, les contraintes technologiques... Bref, tout le milieu dans lequel le projet évolue.

Ensuite vient la phase d’idéation, de brainstorming. Le but est de générer un maximum d’idées en réponse à la ou les problématique(s) énoncée(s) lors de la phase précédente.

En troisième position vient la phase de l’entonnoir : après avoir ouvert tout le champ des possibles, il est temps désormais de faire converger toutes les propositions vers des solutions concrètes pour le projet. Il est également nécessaire d’illustrer ces solutions, de les mettre en scène dans des scénarios concrets en lien avec les utilisateurs. 

C’est seulement au moment de l’avant-dernière phase que l’on peut commencer à réaliser des maquettes. La phase de prototypage n’est autre que la concrétisation des solutions énoncées dans la phase précédente sous forme de maquettes et de prototypes fonctionnels.

Pour terminer le Design Sprint, il faut tester tout ce qui a été mis en place auparavant. Il est essentiel de tester les maquettes auprès des utilisateurs afin de recueillir le maximum de retours permettant de valider ou invalider les solutions et, bien sûr, de les faire progresser.

[object Object]Déroulement design sprint

Chacune de ces étapes s’accompagne de divers ateliers à faire seul ou accompagné des utilisateurs potentiels. Pour la phase d’analyse du sujet, il est courant de réaliser des interviews, des entretiens utilisateurs ou encore des shadowings, cette pratique qui consiste à observer les utilisateurs sur le terrain. 

Ensuite, pour converger vers une idée concrète, on peut réaliser des tris de cartes ou un 6 to 1 afin de sélectionner les fonctionnalités essentielles au produit. À la suite de ça, il est fréquent de travailler sur un parcours utilisateur dans le cadre de la solution proposée. Et tout ça peut se faire sur plusieurs jours autour d’une table avec de nombreux cerveaux créatifs en ébullition prêts à innover ensemble.

Cependant vous n’êtes pas sans savoir qu’un certain virus dont on taira le nom parce que nous ne l’avons que trop entendu, a bouleversé quelque peu nos organisations ces derniers temps …

Plus que jamais, c’est le moment d’innover. Enfermés, nous faisons face à de nouveaux rythmes de vie qui viennent bouleverser tous nos usages: dès lors, de nouvelles problématiques se présentent à nous. 

Ainsi, la crise sanitaire est propice à l’innovation, les esprits créatifs fourmillent d’idées et tentent de rendre ce monde le plus habitable possible.

Mais comment innover, comment apporter des solutions sans pouvoir passer le pas de sa porte ? 

Totem vous dévoile donc ses trois règles d’or pour démarrer un projet solide dans les conditions actuelles : 

1 - Hors de question de bâcler les projets !

Comme nous l’avons dit plus haut, l'UX est essentiel au bon développement d’un projet. Il faut donc s’adapter, être créatif, repenser les ateliers pour qu’ils soient autant efficaces tout en étant virtuels. Pour ce qui est des recherches sur les utilisateurs, il sera de mise de ressortir nos chers google form ou Surveymonkey qui sont très pratiques pour les études quantitatives. Mais il faudra tout de même, en complément, réaliser de petites réunions en visio ou des appels téléphoniques pour aller au plus près des utilisateurs et comprendre leurs réels besoins. 

Si la solution que vous souhaitez mettre en place est liée à une discipline particulière, alors, vous ne pourrez faire d’étude de terrain ou de shadowing (ces méthodes d’observation qui permettent d’identifier des problématiques dont les utilisateurs n’ont pas conscience tellement ils ont intégré les contraintes). 

Dans ce cas, vous pouvez interroger des proches de vos utilisateurs dont la vision pourrait être moins biaisée. 

Une autre étape du Design Sprint, compliquée à réaliser en visio conférence est la dernière et sûrement la plus importante : le test. 

Aujourd’hui, vous pouvez envoyer des prototypes à des testeurs sur des plateformes dédiées ( telles que Maze par exemple). Le parcours effectué sur le prototype ainsi que les points bloquants des utilisateurs seront visibles sur l’application. 

Vous l’avez compris, on ne supprime aucune des étapes du processus de création, on les remplace, on les adapte.

[object Object]Miro

2 - Définir des temps de réflexion précis 

Ce point ne s’applique pas forcément uniquement au développement de projet mais en télétravail, il est parfois aisé de se faire piéger par cette impression de temps libre. Planifier ses journées et dédier des heures à des activités précises et utiles pour se cadrer permet d’aller au bout des choses. Pour l’idéation, qui présente des caractéristiques abstraites, cette rigueur d’organisation est d’autant plus essentielle. Bloquez une matinée avec vos collègues, fuyez toute distraction : ce matin-là est dédié à la création, au Brainstorming ! 

Pour vous aider à être efficace et concrétiser vos échanges, il existe beaucoup de logiciels (Miro, Mural ou Klaxoon par exemple) simulant des réunions brainstorming, mettant à disposition des post-it, des templates d’ateliers créatifs, tout cela de façon collaborative et très fluide.

[object Object]Illustration calendrier

3 - Aller à l’essentiel 

Les ateliers virtuels seront tout de même différents sur certains points et nécessiteront quelques petites adaptations. En temps normal, lorsqu’on assiste à ce type d’atelier, les clients et les utilisateurs sortent de leur environnement habituel, en se rendant dans les locaux d’une agence par exemple. Cela permet de les faire sortir de leur zone de confort et de les impliquer totalement dans la réunion. Lorsqu’ils franchissent la porte de la salle de réunion, ils savent qu’ils n’auront qu’un but : se remuer les méninges. Lorsqu’on reste chez soi, on peut participer à une réunion tout en faisant la vaisselle… Bref, on n’est pas plongé corps et âme dans la réunion. Ce point rejoint le précédent, mais ce qui nous paraît ici important de préciser, c’est que les activités devront être variées, interactives et s’enchaîner rapidement afin de ne pas lasser l’auditoire.

Ainsi : 

  • Minuter tous les ateliers : pas plus de 30 minutes par atelier (Miro a un timer intégré) 

  • Demander à tous les participants d’avoir leur caméra allumée : lorsqu’on veut comprendre un utilisateur, le langage non verbal est très important à analyser et cela permettra à tous les participants de se dévouer totalement à la réunion. 

  • N’hésitez pas à vous mettre debout ! Changer de physionomie favorise le processus créatif. Et cela changera de la routine de vos participants qui sont depuis 6 mois tous les jours sur la même chaise pour travailler sur le même type de réunion… Aujourd’hui, on veut du neuf ! Alors on change nos habitudes et on casse la routine. 

 

[object Object]Main image Miro

Conclusion

Pour finir sur de douces paroles, nous voulions vous montrer le verre à moitié plein. Le contexte actuel vous semble sans doute peu propice au lancement de projets. Et si pourtant, de nouvelles opportunités s’ouvraient pour entreprendre ? Il est indéniable que la pandémie nous a offert plus de temps, c’est donc le moment d’envoyer vos enquêtes utilisateurs à de nombreuses personnes, vous aurez plus de réponses qu’en temps normal. Vous aussi, utilisez votre temps pour vous former et préparer un projet infaillible: de nombreuses formations et webinaires ont vu le jour cette dernière année. C’est le cas par exemple de la French Tech One Lyon Saint Etienne qui propose des formations sur des problèmes de fond comme le référencement ou encore des conseils pour gérer son entreprise pendant la crise du covid-19.

Cette opportunité que représente tout ce temps libre ne se reproduira sûrement pas, alors qu’attendez-vous ? Foncez !